Enfance, instantanés (2e partie)

(Texte paru dans la revue Galerie, suite)

C’est tout ce qui me reste de mon passage à la maternelle. Avec une photo prise par la maîtresse, sur laquelle je ne reconnais que quelques enfants et qui ne suscite en moi aucune émotion. Cette photo de la réalité m’est étrangère, ce n’est pas moi, ce n’est pas nous, notre souffle n’y est pas, elle jure avec ma mémoire. Lire la suite

Enfance, instantanés (1ère partie)

Numériser

(Texte paru dans la revue culturelle Galerie)

Il y a quelque temps, j’ai eu à appeler à la rescousse les temps révolus, à m’accrocher à une de ces images d’antan, fleurant bon l’enfance et la confiance, manteau pour temps de grisaille qui m’a tendrement accueillie en son sein.

Et soudain, l’angoisse. Peut-être deux ou trois épisodes de mémoire défaillante, ou la conscience de l’éloignement progressif de cette époque, j’ai eu peur que ces images ne s’effacent irrévocablement. Lire la suite

Textes en prose, Les Inachevés

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Jean Michel Alberola

Elle contenait bien deux ou trois montagnes. A l’intérieur d’elle, ça escaladait sans repos. Les cimes étaient roses, c’était l’effet de lunettes peu avares de bon goût. Elle était grande avec toutes ces montagnes à l’intérieur qui prenaient tellement de place, alors elle mettait des chaussures plates, pour ne pas effrayer les prétendants. Lire la suite

Lectures, Imre Kertész

(Budapest, 9 novembre 1929-31 mars 2016)

Imre Kertész, Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas (1990)

« …dans ma nuit sombre et profonde, je vois plus que je n’entends cette conversation mondaine, je vois autour de moi les visages mélancoliques comme autant de masques de théâtre avec leurs rôles particuliers, le pleureur et le rieur, le loup et l’agneau, le singe, l’ours, le crocodile, Lire la suite

Billet d’humeur, 19 mars

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Tony Oursler

tu ne seras pas celle qui colore les étoiles qui coupe la queue aux poissons tu seras celle qui passe qui ne fait pas de bruit qui se tapit dans les bois qui compte les journées jusqu’au printemps qui ne pleure pas sur les étés ni sur le temps qui passe ou qui ne passe pas comme il devrait il suffit d’observer le jour se lever pour voir tout ce qu’il y a à voir et savoir que les fenêtres ouvertes ne donnent que sur des images mentales qu’il faut parfois du courage pour refermer la fenêtre et continuer à respirer