
Traversée de la ville
Rues qui bougent

tu ne seras pas celle qui colore les étoiles qui coupe la queue aux poissons tu seras celle qui passe qui ne fait pas de bruit qui se tapit dans les bois qui compte les journées jusqu’au printemps qui ne pleure pas sur les étés ni sur le temps qui passe ou qui ne passe pas comme il devrait il suffit d’observer le jour se lever pour voir tout ce qu’il y a à voir et savoir que les fenêtres ouvertes ne donnent que sur des images mentales qu’il faut parfois du courage pour refermer la fenêtre et continuer à respirer

L’air du soir s’emplit de poussières plus vivantes
la lumière commence à gagner du terrain

Ma mère me raconte la vie des aïeuls
La terre qui nourrit difficilement
Quand il faut lui arracher le pain quotidien

J’aimerais me parler
d’un marché où je ne suis jamais allée
de rêves que je n’ai pas faits

Il y avait dans le village tous ces personnages
excentriques, mystérieux
aux traits marqués

Je ne suis vivante que quelques heures par jour
alors je parle comme si j’étais là
j’écoute les gens inventer leur avenir
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Le pain qui tapisse le mur de la boulangerie
et la vendeuse aux grosses mains
qui s’abat sur sa proie et me tend une miche

à écrire des choses rouge feu comme ce soir où la montagne brûle et on tue l’hiver, patience infinie de la prairie , le bois a la couleur du ciel quand il fait beau d’une beauté presque douloureuse,