Herbst 2/Automne 2, 19 octobre (se traduire)

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Lysiane Schlechter

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Herbst 2

Der Winter, noch ungeboren

du im Möglichen

in Städten mit Regen

auf Bürgersteigen

abgenutzte Schuhe

zweiköpfige Gestalten

Menschen mit grauer Grammatik

Verben wie Zitterpappeln

ohne Satzergänzungen

Kinder

Etappen überspringend

an den Schnürsenkeln

Träume von Grenzen

Palisaden mit blutigen Blättern

Windstöße als Liebeserklärungen

du denkst, wie das Laub

in goldgelb

malst Paläste in den Himmel

als gäbe es Könige

 

Automne 2

L’hiver, non encore né

tu habites le possible

dans des villes où il pleut

sur les trottoirs

chaussures usées

figures à deux têtes

passants à grammaire grise

des verbes comme des

peupliers tremblants

sans compléments

enfants sautant les étapes

aux lacets des rêves de frontières

palissades aux feuilles ensanglantées

rafales de vent en guise de déclarations

d’amour

tel le feuillage tu penses

en jaune doré

tu peins dans le ciel des palais

comme s’il y avait des rois

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Herbst, 13/10

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Fiona Rae

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die Aster, violett

sich ausbreitend

völlig ahnungslos

du nicht

der Herbst

seine Pflanzen gießend

nicht du

nagelst unbewusst

Träume an die Wand

von hellgrau bis gewerbetüchtig

die Tritte des schönsten Rehs

die Luft mit den

Segeln der Kraniche

du ohne Flügel

Nässe an den Federn

wartest vor dem Fenster

die tiefrote Färbung

des Wilden Weins

wie ein brennender Gottessohn

vom Sterben erleuchtet

nicht du

wartest nicht auf Weinbeeren

 

Ecrire, août 2019

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Françoise Gilot

Ecrire comme on casse des pierres

au marteau-piqueur pour extirper

à la langue ce que la vie cache

sous l’écorce de terre

sortir de la gangue alphabétique

de quoi tenir encore un jour

parce que la délivrance viendra

au bout des mots

écrire comme celui qui cherche

la formule universelle

pour comprendre toutes les pensées

retourner l’intelligence

contre elle-même

l’anéantir pour lui faire cracher

le sens des aiguilles

pour lui faire admettre

qu’elle n’ira nulle part

hors de ce monde

écrire pour entériner la défaite

quotidienne

pour recommencer à échouer

écrire pour apprendre le saut de puce

dans l’univers

pour reproduire les couleurs

qu’on a cru voir

écrire pour tracer des lignes

parce qu’on a des mains

écrire le silence qui  assourdissant

tombe du ciel comme la bruine

écrire parce que les pas s’ajoutent

aux pattes de chats dans l’herbe

aux miaulements inaudibles

écrire pour se confondre

avec les paragraphes

et finir par savoir ce que l’on pense

avant de replonger dans un fouillis

de vers de vase

à lutter contre la rouille des hameçons

 

Matins, août 2019

The-Country-Road
Harald Sohlberg

La maison dort

La matinée faseye

Je vois se lever un jour

vieux comme les millénaires

prendre son élan

vague qui va bientôt se briser

contre le bitume

je vais creuser des grottes

au creux de ces heures

le gazon n’est pas tondu

les perles de rosée scintillent

des fleurs aux longues tiges

refermées pour la nuit

que personne n’a plantées

pointent vers le ciel

elles attendent une lumière

plus vive pour s’ouvrir

je vais patienter avec elles

quand elles se déploieront

que le vert se couvrira de jaune

me faire un café

mais je me souviens

que je n’ai plus de machine

depuis trois jours ne me restent

que les dosettes

je laisse flotter dans l’air

un moment encore

l’idée de café

Autoportrait (à la manière de…), Août 2019

 

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Cindy Sherman

 

Je ne sais pas si je suis quelqu’un de triste ou quelqu’un de gai.

Je suis souvent malade.

La vie m’a appris à ne rien faire.

Adolescente, j’ai aimé attendre l’autobus.

Quand il y a des frites, je ne mange que les frites.

J’ai aimé mon père jusqu’à l’âge de 11 ans.

Je ne me souviens pas avoir aimé ma mère. Elle était là. C’est tout.

J’ai eu honte d’avoir mes règles. Je ne l’ai dit à personne pendant un an.

Je ne me suis jamais sentie actrice de ma vie.

Je suis une tragédie.

Je le prends avec humour.

Entre les deux, je m’ennuie.