lecture radiophonique 4/5, novembre 2019

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Herbst 2/Automne 2, 19 octobre (se traduire)

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Lysiane Schlechter

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Herbst 2

Der Winter, noch ungeboren

du im Möglichen

in Städten mit Regen

auf Bürgersteigen

abgenutzte Schuhe

zweiköpfige Gestalten

Menschen mit grauer Grammatik

Verben wie Zitterpappeln

ohne Satzergänzungen

Kinder

Etappen überspringend

an den Schnürsenkeln

Träume von Grenzen

Palisaden mit blutigen Blättern

Windstöße als Liebeserklärungen

du denkst, wie das Laub

in goldgelb

malst Paläste in den Himmel

als gäbe es Könige

 

Automne 2

L’hiver, non encore né

tu habites le possible

dans des villes où il pleut

sur les trottoirs

chaussures usées

figures à deux têtes

passants à grammaire grise

des verbes comme des

peupliers tremblants

sans compléments

enfants sautant les étapes

aux lacets des rêves de frontières

palissades aux feuilles ensanglantées

rafales de vent en guise de déclarations

d’amour

tel le feuillage tu penses

en jaune doré

tu peins dans le ciel des palais

comme s’il y avait des rois

Herbst, 13/10

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Fiona Rae

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die Aster, violett

sich ausbreitend

völlig ahnungslos

du nicht

der Herbst

seine Pflanzen gießend

nicht du

nagelst unbewusst

Träume an die Wand

von hellgrau bis gewerbetüchtig

die Tritte des schönsten Rehs

die Luft mit den

Segeln der Kraniche

du ohne Flügel

Nässe an den Federn

wartest vor dem Fenster

die tiefrote Färbung

des Wilden Weins

wie ein brennender Gottessohn

vom Sterben erleuchtet

nicht du

wartest nicht auf Weinbeeren

 

Ecrire, août 2019

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Françoise Gilot

Ecrire comme on casse des pierres

au marteau-piqueur pour extirper

à la langue ce que la vie cache

sous l’écorce de terre

sortir de la gangue alphabétique

de quoi tenir encore un jour

parce que la délivrance viendra

au bout des mots

écrire comme celui qui cherche

la formule universelle

pour comprendre toutes les pensées

retourner l’intelligence

contre elle-même

l’anéantir pour lui faire cracher

le sens des aiguilles

pour lui faire admettre

qu’elle n’ira nulle part

hors de ce monde

écrire pour entériner la défaite

quotidienne

pour recommencer à échouer

écrire pour apprendre le saut de puce

dans l’univers

pour reproduire les couleurs

qu’on a cru voir

écrire pour tracer des lignes

parce qu’on a des mains

écrire le silence qui  assourdissant

tombe du ciel comme la bruine

écrire parce que les pas s’ajoutent

aux pattes de chats dans l’herbe

aux miaulements inaudibles

écrire pour se confondre

avec les paragraphes

et finir par savoir ce que l’on pense

avant de replonger dans un fouillis

de vers de vase

à lutter contre la rouille des hameçons