Billet d’humeur, 18 juin

2011_11db (1)
Sabrina Mezzaqui

oui et non des matinées qui flanchent les bruits se balancent au bout de quelques cordes ça puissante dans les gargouillis des blocs de chair un ruminant n’y voit qu’agitation quand pulsation et colifichets en route pour la pomme de la sagesse l’espace joue à cache-cache avec le temps qui s’emboucle s’enserpente s’englue dans des heures grises de ciment  Lire la suite

Journal 2-5 Juin

La pluie incessante, et puis ce qui passe devant la rétine et prend soudain une importance démesurée, disproportionnée, dans les circuits neuronaux, un petit Japonais de 7 ans laissé dans la forêt par ses parents pour le punir, disparu peu après quand ils voulaient le récupérer, des phrases à la radio, des scandales de harcèlement sexuel devenus dans la bouche de l’accusé écologiste des situations de libertinage incompris, Lire la suite

Billet d’humeur, 22 mai

Unknown-1
David Park

les visages en commun défilent le long des transports les scrute avec intérêt c’est beau un visage qui attend chacun à sa façon vide ou un avec un soupçon de questions d’étonnement ou de soucis yeux ouverts sans regarder bouche entrouverte sans paroles suspendues aux lèvres faciès à l’état végétatif qui poussent dans les bus trams métros qui filent vers des endroits où les attend quelqu’un quelque chose ou rien qui se déplacent comme les hordes primitives colons dans leurs wagons vers l’Ouest expressions de la vie en suspens

 

Enfance, instantanés (2e partie)

(Texte paru dans la revue Galerie, suite)

C’est tout ce qui me reste de mon passage à la maternelle. Avec une photo prise par la maîtresse, sur laquelle je ne reconnais que quelques enfants et qui ne suscite en moi aucune émotion. Cette photo de la réalité m’est étrangère, ce n’est pas moi, ce n’est pas nous, notre souffle n’y est pas, elle jure avec ma mémoire. Lire la suite

Enfance, instantanés (1ère partie)

Numériser

(Texte paru dans la revue culturelle Galerie)

Il y a quelque temps, j’ai eu à appeler à la rescousse les temps révolus, à m’accrocher à une de ces images d’antan, fleurant bon l’enfance et la confiance, manteau pour temps de grisaille qui m’a tendrement accueillie en son sein.

Et soudain, l’angoisse. Peut-être deux ou trois épisodes de mémoire défaillante, ou la conscience de l’éloignement progressif de cette époque, j’ai eu peur que ces images ne s’effacent irrévocablement. Lire la suite

Billet d’humeur, 9 mai

img_resize.php
Markus Lüpertz

suivre la source avancer sur le bout des lèvres il n’y a plus rien à faire sauf s’en remettre à dieu dit la doctoresse à ma tante bien-aimée elle le dit en italien mais on ne veut pas de la traduction pas tout de suite déjà un enterrement la semaine prochaine ne pas y penser mortels on l’a été depuis toujours pas de quoi faire un plat sauf que ça se place quelque part derrière l’œil gauche pèse lourd comme une pierre qu’est-ce qu’on va devenir à force de devenir images sur une commode Lire la suite