Trois heures à tuer le dernier jour à NY avant de rentrer. Il fait beau. Bryant Park. Chouette petit parc, des retraités jouent aux échecs sur des tables aménagées, un jazzman s’active sur un mauvais piano, un salon de lecture sous une tente où quelques sans-abri lisent les journaux mis à disposition, une petite bibliothèque avec des classiques qu’on peut prendre pour feuilleter, un tableau avec toutes les activités proposées par des animateurs, un peu plus loin on joue au tennis de table. Lire la suite →
C’est le même désir délire sauvé du vent avec ce nom et ce souvenir Gaby et sa coupe au bol fille fleur et nous petites en devenir émerveillées nous aussi plus tard comme elle sans bol ces gestes si fins si délicats élégance juvénile que nous aurions voulu mais gauches nos petits corps encore saccadés nos gestes elle un sourire comme tous les printemps bouche sang pleine de blanches dents alignées en parfait demi-cercle les yeux pétillants brun or lumineux elle jeune fille déjà nous enfants levant les yeux vers cet été plein de portes secrètes donnant sur des promesses de vies que nous n’arrivions à imaginer existences exquises si nous aussi réussir notre mue devenir jeunes filles comme Gaby à l’orée de l’adolescence nous aussi ces gestes nous aussi ces éclats nous aussi peut-être un jour tourner la tête de cette façon briller comme ce soleil au-dessus des tournesols nous aussi offrir nos splendeurs au monde
Un jour, elle fut là. Marie ne sut ni d’où elle venait, ni par où elle était entrée. Ni ce qu’elle voulait, allongée sur le tapis au pied de son lit, les yeux clos.
Comme tous les matins, Marie avait fait taire d’un geste brusque la sonnerie du réveil, comme tous les matins elle avait grommelé que c’était bien trop tôt, comme tous les matins elle s’était avancée dans le noir pour atteindre la porte et bifurquer vers la salle de bains. Elle s’était regardée longuement dans le miroir. Elle allait avoir trente ans dans un mois et voyait déjà le temps s’installer au creux de son regard. Elle avait inspiré profondément, s’était saisie de la mousse lavante intensive pour peaux délicates, l’avait appliquée sur son visage humide, avait entamé avec ses deux mains le mouvement circulaire à partir de ses joues afin de la faire pénétrer dans chaque pore du visage. Comme le lui avait conseillé la vendeuse. Son esprit savait que sa peau n’en avait pas besoin, mais l’industrie cosmétique avait à nouveau réussi à s’adresser à la pensée magique et à mettre en veille sa raison.
Elle avait frotté chaque centimètre carré du visage avec sa mousse violette au parfum d’eau de pluie, parsemée de petits grains, les « vrais » composants actifs du produit. « Moi, je n’ai jamais utilisé que de l’eau claire pour me laver le visage. Oui grand-mère, mais toi, c’était une autre époque, il n’y avait pas la pollution. » Elle se mettait à parler comme ces vendeuses trop maquillées qui arrivaient toujours à lui faire avoir honte de son teint et à la faire sortir du magasin avec des sacs de produits plus ou moins inutiles, qu’elle oubliait d’appliquer après une semaine d’utilisation.
Un jour, elle fut là. Marie ne sut ni d’où elle venait, ni par où elle était entrée. Ni ce qu’elle voulait, allongée sur le tapis au pied de son lit, les yeux clos.
Anne – Il y a des phrases qui s’invitent dans les têtes. Comme ça, un matin, elles surgissent, et on n’arrive plus à s’en défaire.
Au loin, le bruit d’un tracteur, ou de quelque chose ressemblant au bruit d’un engin à grosses roues, rondeur de l’avancement, les dessous remués par le mouvement récurrent. Les entrailles travaillées par la machine voulant arracher à la terre la sève qu’elle ne donne pas facilement.
Je sors dans la cour. Le brouillard balaie les pavés humides et dessine des fantômes ondoyants dans le paysage encore endormi. Les hommes se mettent en marche dans leurs fourmilières, la reine des abeilles attend ses travailleuses, le miel de la journée sera déversé sur des comptes en banque. Lire la suite →
Promets-leur de l’espoir, promets-leur les larmes et le sang de l’espoir, promets-leur le retour de l’espoir, le temps de l’illumination, promets-leur la marche glorieuse vers le vrai après la destruction du temple, promets-leur une illusion plus grande, promets-leur le retour des dieux et des fantômes, promets-leur les vampires qui sauveront la planète, qui lui suceront le sang mauvais des idoles de pacotille, promets-leur le sourire vers le futur, la paille pour l’avaler à gorgées interrompues, promets-leur la mort des tyrans, des bureaucrates interchangeables à dents de crocodile, Lire la suite →
« Der faschistische Führer gebe ein Modell für das Verhalten seiner Anhänger, sie sollen sich nicht zivilisiert benehmen, sie sollen schreien , gestikulieren, ihren Gefühlen freien Lauf lassen » adorniert jemand/ Überzeugte sind für Argumente sowieso unerreichbar, viral flüchten sie in warme Zellen/ draußen klammert sich die Kälte an die Landschaft, eine Katze schaut vorbei, schwarz und nichtsaussagend/ Lire la suite →
Jérusalem, en fait une aberration comme ville, en principe les grandes villes sont construites de façon stratégique autour d’un fleuve, pas celle-ci, qui n’a pas grand chose pour elle, mais c’est devenu la ville que se disputent tant de gens. Nous y entrons traversant un de ces fameux checkpoints installés partout où territoire israélien et palestinien se côtoient, nous ne sommes pas Palestiniens, nous entrons sans problème. Le mur d’enceinte de la vieille ville, nous entrons par la porte de Jaffa, nous nous retrouvons dans le quartier juif, je suis éblouie par les rues et ruelles de la vieille ville arpentées par des juifs orthodoxes livres sous le bras, écoliers, femmes entourées de leur nombreuse progéniture, nous traversons, arrivons dans le quartier arménien, puis le bazar arabe, c’est beau les vieilles villes, on y respire un air d’antan imaginaire qui émeut les sens, nous voyons la coupole dorée du dôme du Rocher sur le mont du Temple. Lire la suite →
Ensuite, en vrac, une carcasse de VW Käfer dans un arbre, la Mer morte et son pourcentage de sel où on s’enfonce dans la boue, la femme qui à Jérusalem devant le Mur des lamentations hurle à qui veut l’entendre la promesse de Dieu faite aux Juifs, Israël est à nous, la terre que Dieu nous a promise, une demi-folle vociférant.