Un article sur le voyage en Inde de François Hollande, afin de vendre 36 Rafale. Narendra Modi, intégriste hindou, n’a aucun problème avec le néolibéralisme. L’intégrisme religieux et l’intégrisme néolibéral ne s’excluent aucunement. Les intégrismes économiques et politiques (ou politico-religieux) savent se compléter, la Chine en est un bon exemple. Ou la Russie de Poutine, cette pseudo-démocratie. L’Arabie Saoudite… C’est la véritable démocratie et l’humanisme qui sont plus ou moins incompatibles avec ces systèmes.
Journal
Journal, 22 févr.
Avec la disparition d’Umberto Eco, c’est un pan de la meilleure culture italienne qui ne s’exprimera plus désormais. Son regard sur le monde manquera. Sa verve, ses talents d’orateur, son érudition, sa nonchalance, sa liberté de parler de ce dont il avait envie, que ce soient la culture livresque, érudite, la sémiotique, l’œuvre ouverte, ou la culture populaire, en envoyant au diable ses détracteurs coincés dans une seule discipline. Avec son intelligence hors du commun, et infatigable travailleur, il pouvait se le permettre.
Journal, 19 févr.
Phrase lue aujourd’hui, c’est déjà la 2e fois que je trouve ce genre d’affirmation sous la plume d’un philosophe : La littérature est bien plus puissante que la philosophie puisqu’elle ne produit pas de discours dogmatique, figé.
Journal, 17 févr.
Lu dans la presse italienne : un professeur de philosophie de 43 ans, Stefano Rho, licencié dans un lycée à Bergamo, pour avoir oublié de noter sur une attestation de bonne conduite qu’il avait été condamné 11 ans auparavant à payer 200 euros d’amende pour avoir pissé dans un buisson (parce qu’il n’y avait pas de toilettes dans les environs). Il ne savait pas qu’il s’agissait d’une condamnation pénale, ne s’en souvenait même plus et avait donc noté que son casier était vierge. Au pays d’Ubu roi, où des criminels de haut vol occupent des postes importants et ne sont guère inquiétés, où un nombre non négligeable de parlementaires font l’objet d’enquêtes judiciaires en tout genre, et ne pensent aucunement à démissionner, quelqu’un est licencié pour avoir « menti » à l’Etat italien.
Journal, 15 févr.
Fait : signé une pétition pour arrêter la vente d’armes à l’Arabie Saoudite qui bombarde les chiites au Yemen, et par effet collatéral, hôpitaux, écoles, civils, et tout ce qui se trouve dans les environs. Un embargo sur les ventes d’armes à l’Arabie Saoudite, on peut toujours rêver : « Le Parlement européen est à deux jours d’un vote sur la mise en place d’un embargo autour des armes exportées par l’Europe. Mais, à cause de lourdes pressions de la part des Saoudiens, certains de nos représentants hésitent. »
Fait : un peu de rangement et quelques lessives
Fait : regardé les 2 premiers épisodes de True Detective 2, dont les critiques et certaines connaissances ont dit le plus grand mal.
Journal, 13 févr.
Parce qu’il n’y a pas de sujets mineurs pour un journal, aujourd’hui, c’est coiffeur. Je déteste aller chez le coiffeur. Tous les coiffeurs que j’ai fréquentés ont toujours paru étonnés quand, après une énième trop longue attente, j’ai ronchonné cette phrase, et m’ont alors expliqué que la plupart des femmes adoraient aller chez le coiffeur. Je me demande pourtant si ce n’est pas pour justifier l’attente qu’ils sortaient ça, mais je n’ai pas poussé plus loin mes investigations, ni consulté de statistiques. Il doit d’ailleurs y en avoir. À l’ère du sondage et des statistiques rois, s’il y en a sur la consommation de yaourt par semaine, il n’y a pas de raison qu’il n’y en ait pas pour ce passionnant sujet…
Journal, 11 févr.

Jardins du Kent. Je feuillette au hasard une brochure glanée dans un bureau de voyages. Et tout à coup, un gros bol d’air faisant irruption. Le désir de se retrouver là, au milieu de cette verdure bordant une maison de campagne. La photo met en branle l’imaginaire. Die Gärten von Kent, et toute une façon d’être au monde se présente à l’esprit, images fabriquées par une mémoire qui pioche probablement dans des souvenirs de lectures et de cinéma.
Journal, 9 févr.
Dehors la tempête fait rage. Des rafales de vent très violentes font s’agiter arbres et arbustes. Je regarde la pluie à ma fenêtre, immobilisée par une mauvaise grippe, et je contemple les rideaux d’eau qui changent de direction, fouettés par l’invisible. Le vent hurle si fort que ses arpèges traversent les murs. Malgré la grisaille et la désolation, le spectacle offert a quelque chose d’hypnotique. J’ai dans les mains le livre d’Emmanuel Bove, Mes amis, commencé il y a quelques jours. Mais je ne suis pas sûre de vouloir l’ouvrir aujourd’hui. C’est un des livres les plus tristes que j’aie jamais lus.
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Journal, 6 févr.
J’attrape des bribes à la radio… Hillary Clinton toujours méfiante envers la presse… il faudra voir comment la marque Sanders va se positionner en face de la marque Clinton… les soutiens naturels de Clinton, les femmes qui ont partagé ses combats.
Dehors, le soleil brille après des journées de grisaille et de pluie fine. J’entre dans le bureau de voyage. Je n’ai jamais visité Prague. J’irai quelques jours à Prague. Bientôt.
Je continue de lire un de mes nombreux livres en lecture, Mes amis, d’Emmanuel Bove. Depuis le temps que j’entends parler de ce livre. Sa mère était luxembourgeoise, m’a dit la première personne à m’en avoir parlé il y a des années.
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Journal, 5 févr.
Un jeune homme à la porte. Large sourire. Visage poupin, grand, légèrement enrobé, lunettes sur le nez. Bonjour je viens de Normandie, j’étais passé l’année dernière vous présenter nos produits, vous vous souvenez de moi ? Vous m’aviez pris des pommes de terre. Cette année j’ai aussi des carottes, mais attention, pas de terre, des carottes de sable, plantées dans une terre sablonneuse. Et puis les échalotes, l’ail bien sûr, le cidre, je n’en ai plus, j’ai tout vendu. Il me fait goûter une nouvelle variété de pommes, avec un léger goût de poire. Je n’ai pas besoin de pommes de terre, j’en achète vingt-cinq kilos. Je lui prends encore 8 kilos de pommes (le minimum c’est seize normalement, mais je peux vous en donner la moitié). Il me met les pommes de terre dans le garage, les pommes à côté. Il m’a laissé la caisse avec les 16 kilos, je vous les fais au prix de huit, puisque vous m’avez fait la gentillesse d’acheter mes produits deux années de suite.
Il vient de Caen.
Qu’est-ce que je vais faire avec tout ça ?
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