
Le regard brillant d’un enfant
enveloppe l’espace d’un voile particulier

Ma mère me raconte la vie des aïeuls
La terre qui nourrit difficilement
Quand il faut lui arracher le pain quotidien

J’aimerais me parler
d’un marché où je ne suis jamais allée
de rêves que je n’ai pas faits

Il y avait dans le village tous ces personnages
excentriques, mystérieux
aux traits marqués

Je ne suis vivante que quelques heures par jour
alors je parle comme si j’étais là
j’écoute les gens inventer leur avenir
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Le pain qui tapisse le mur de la boulangerie
et la vendeuse aux grosses mains
qui s’abat sur sa proie et me tend une miche

à écrire des choses rouge feu comme ce soir où la montagne brûle et on tue l’hiver, patience infinie de la prairie , le bois a la couleur du ciel quand il fait beau d’une beauté presque douloureuse,
Silence dans la maison
Je m’avance vers la fenêtre
Un pivert inspecte le jardin
trottine vers une bordure de terre
se met à picorer le sol
longuement, à cadence régulière
il répète son mouvement

Aujourd’hui je n’ai pas été la même qu’hier
Pourtant la poêle était à la même place
La table au même endroit


Ils ne se sont jamais préoccupés
d’être de leur temps
ils voulaient être
de temps moins éphémères
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