Carla Lucarelli – Haïkus

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BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

Haïku libre 1

Un bruit dans la nuit
Un hurlement d’espoir
Une forme de désaveu

Haïku libre 2

La vie et rien d’autre
Disait-il
De lui plus rien sur l’image

Haïku libre 3

Une pièce en bois l’acheva
Lui le sculpteur
D’humeurs végétales

Haïku libre 4

Un oiseau blessé
Laquelle de ses blessures
Jette-t-il en pâture ?

Haïku libre 5

Elle avait en elle
L’amour du geste hésitant
Comme une caresse

Haïku libre 6

Pour elle il devint une île
Et disparut
Au fond de l’océan

Haïku libre 7

Il savait rester en deçà
Elle ne savait aller
Qu’au-delà

Haïku libre 8

Pour le préserver
Elle le planta comme une écharde
Au creux du bras

Haïku libre 9

Tissus de rêves ils étaient
Méandres de désirs
Friables

Haïku libre 10

Comme une histoire d’amour
La leur
Sans les critères d’usage

***

Carla Lucarelli (née à Luxembourg en 1968) – Dekagonon…

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Herbst 2/Automne 2, 19 octobre (se traduire)

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Lysiane Schlechter

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Herbst 2

Der Winter, noch ungeboren

du im Möglichen

in Städten mit Regen

auf Bürgersteigen

abgenutzte Schuhe

zweiköpfige Gestalten

Menschen mit grauer Grammatik

Verben wie Zitterpappeln

ohne Satzergänzungen

Kinder

Etappen überspringend

an den Schnürsenkeln

Träume von Grenzen

Palisaden mit blutigen Blättern

Windstöße als Liebeserklärungen

du denkst, wie das Laub

in goldgelb

malst Paläste in den Himmel

als gäbe es Könige

 

Automne 2

L’hiver, non encore né

tu habites le possible

dans des villes où il pleut

sur les trottoirs

chaussures usées

figures à deux têtes

passants à grammaire grise

des verbes comme des

peupliers tremblants

sans compléments

enfants sautant les étapes

aux lacets des rêves de frontières

palissades aux feuilles ensanglantées

rafales de vent en guise de déclarations

d’amour

tel le feuillage tu penses

en jaune doré

tu peins dans le ciel des palais

comme s’il y avait des rois

Herbst, 13/10

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Fiona Rae

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die Aster, violett

sich ausbreitend

völlig ahnungslos

du nicht

der Herbst

seine Pflanzen gießend

nicht du

nagelst unbewusst

Träume an die Wand

von hellgrau bis gewerbetüchtig

die Tritte des schönsten Rehs

die Luft mit den

Segeln der Kraniche

du ohne Flügel

Nässe an den Federn

wartest vor dem Fenster

die tiefrote Färbung

des Wilden Weins

wie ein brennender Gottessohn

vom Sterben erleuchtet

nicht du

wartest nicht auf Weinbeeren