billet d’humeur, 29 septembre

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Jean-Charles Massera

Was soll die Kunst ? Le performeur est sceptique, il se parle, il se critique, il se donne raison, il veut avoir raison. Pas émotion. Il s’en veut de s’en vouloir, pas sujet, objet à la limite. Objet à côté d’autres. Objets. Qu’est-ce qu’un sujet? Vous avez deux minutes trente. L’art est populaire. Michel Sardou sans le son. Et puis l’art de regarder ne se voit pas. Et puis l’art de voir ne donne pas les chiffres du chômage. Et puis le chômage ne donne pas le droit de planter des idées chez le voisin. Et le voisin, la voisine plutôt, qui récupère tout, les vieux jouets, les vieux concepts, la porcelaine ébréchée, les idées rances, les vieux garçons, les artistes en mal de critique. Parce que la société, tu la critiques ou tu es, tu la critiques où tu es, tu bouges, tu participes à la critique, tu fais électrons contre protons, la guerre des trônes, tu te pavanes en fleur de lys, tu amuses la galerie, tu fais maintien de l’équilibre. Für Ordnung ohne Recht. Tu fais la guerre avec d’autres moyens. L’art est ce qui est numéroté et classé au supermarché des prototypes. Le robot est artiste comme les autres, l’avenir de l’art n’est pas rouillé, il est en pièces détachées en provenance d’une usine asiatique, c’est un soldat jaune qui participe au bal des estropiés. L’art, c’est le début de l’enfance, les ombres s’y promènent et vont ressurgir au coin de la rue, transformées en peurs du silence.

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Billet d’humeur, 5 janvier

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Gustave Courbet

Promets-leur de l’espoir, promets-leur les larmes et le sang de l’espoir, promets-leur le retour de l’espoir, le temps de l’illumination, promets-leur la marche glorieuse vers le vrai après la destruction du temple, promets-leur une illusion plus grande, promets-leur le retour des dieux et des fantômes, promets-leur les vampires qui sauveront la planète, qui lui suceront le sang mauvais des idoles de pacotille, promets-leur le sourire vers le futur, la paille pour l’avaler à gorgées interrompues, promets-leur la mort des tyrans, des bureaucrates interchangeables à dents de crocodile, Lire la suite

Billet d’humeur, 4. Januar

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 « Der faschistische Führer gebe ein Modell für das Verhalten seiner Anhänger, sie sollen sich nicht zivilisiert benehmen, sie sollen schreien , gestikulieren, ihren Gefühlen freien Lauf lassen » adorniert jemand/ Überzeugte sind für Argumente sowieso unerreichbar, viral flüchten sie in warme Zellen/ draußen klammert sich die Kälte an die Landschaft, eine Katze schaut vorbei, schwarz und nichtsaussagend/ Lire la suite

Billet d’humeur, 11 octobre

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Guerrilla Girls

le rideau de pluie pleure silencieux le vert s’aggrave le long des prés s’assombrit pour faire le deuil de l’été qui est venu se répandre encore un peu sur nos têtes des sentiments qui ne se cabrent jamais ne faut pas vivre la vie des bêtes à la limite celle des oiseaux faudrait que la vie en moi cesse que la joie m’illumine que je rayonne comme un soleil de l’intérieur que tout soit léger le poids d’une plume dansante le vent reste silencieux ce matin la pluie tombe droite il est des douceurs comme des malheurs en berne et puis se hissent à nouveau pour avancer contre vents et marrées nous n’arriverons pas à bon port les ports n’existent pas ou sont des étapes intermédiaires entre soi et le monde Lire la suite

Billet d’humeur, 8 sept.

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Jean-Michel Basquiat

la trajectoire vivante dans le regard du merle à cheval sur un feu rouge sans se brûler les ailes il plonge sporadiquement le bec dans ses plumes pour se gratter juché là-haut habiter un peu cette journée aménagée par une autre espèce observe le manège de tôle qui zigzague sous ses pattes cent grammes de noirceur le feu passe à l’orange le bec clignote se redresse majestueux un roi d’ébène messager des forêts un porte-parole des champs pour conjurer le deuil ou l’enfouir dans le corps des villes