Journal 22-26 avril

Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien, éternelle question. Pourquoi fait-on quelque chose plutôt que rien ?

Vu en avant-première le documentaire Streik, d’A. Bausch, cent ans de syndicalisme au Luxembourg, édifiant, participé à une lecture intitulée Speed-read, au beau milieu de la Belle Etoile, organisée par le critique littéraire J.Jaminet, expérience étrange et intéressante , formidables les jeunes auteurs en face de nous les « vieux », quatorze ans, quinze et dix-neuf ans et déjà une belle assurance linguistique.

Raté la pièce de Joël Pommerat. Enervée au début, résignée quand entendu qu’elle avait duré plus de 4 heures. J’étais si crevée que je m’y serais endormie de toute façon.

Chute de température drastique.

Il faudrait se fâcher plus souvent. Il faudrait se fâcher moins souvent. Il faudrait marcher plus droit. Il faudrait aimer la pluie. Il faudrait ne jamais se plaindre. Il faudrait se répéter de ne jamais se plaindre. Il faudrait aiguiser le regard et ensevelir les mots.

Et surtout, il faudrait tondre la pelouse.

Mais il pleut, donc les pissenlits ont encore du répit.

Réflexions en marge du survol des publications sur les réseaux sociaux. Bizarre, cette tendance à fêter toute allusion sexuelle sur les réseaux interactifs, petits gloussements traduits en lettres, commentaires polissons pour chaque morceau de peau, chaque fente exposée. A une époque où on trouve au bout d’un clic des scènes de sexe en tout genre, curieux ces comportements de pré-ados enthousiastes à chaque bout de sein ou de fesse.

Curieuse aussi cette tendance à s’offusquer qu’on ne puisse publier de la nudité sur les réseaux sociaux alors qu’il suffit de se promener sur le net pour en trouver autant qu’on veut. Peut-être parce que, comme pour le temps qu’il fait, chacun sent que c’est un sujet fédérateur, un moyen d’appâter le chaland tout en fustigeant la pruderie ambiante, avec laquelle on n’est évidemment pas d’accord. Il s’agirait davantage de se positionner soi-même comme personne ouverte, coutumière des plaisirs charnels, bon vivant contre les dévots, les ennuyeux en tout genre, je suppose. N’empêche, sex sells, ça marche encore et toujours. L’artiste luxembourgeoise Deborah de Robertis posant nue jambes écartées sous le tableau de Courbet, L’Origine du monde, au Musée d’Orsay, dans une mise en scène sonore . Imitant l’image du peintre. Evacuée bientôt par les surveillants. Un critique d’art luxembourgeois stipule qu’elle est devenue ainsi l’artiste luxembourgeoise la plus connue à l’étranger. Je ne sais pas s’il a raison, mais je suppose qu’il doit savoir de quoi il parle. Elle a récidivé en posant dans la même position que l’Olympia de Manet sous le tableau du même nom. Sex sells. Même à l’ère de youporn. Une réflexion en passant.

Il pleut toujours.

Mardi, il ne pleut plus. Ai été travailler, à la poste et chez le boulanger. Brin de causette avec la voisine rencontrée à la poste. Mails, pourquoi tout à coup une lettre d’information du monde.fr ? Pas abonnée. En tout cas, j’y apprends que « Le groupe français DCNS a remporté mardi face à ses concurrents allemand et japonais un mégacontrat estimé à 50 milliards de dollars australiens (34,5 milliards d’euros) en vue de la construction de la prochaine génération de sous-marins australiens. »

Et plus loin : « Ce contrat est la plus importante commande militaire passée par l’Australie. Il porte sur 12 sous-marins océaniques qui devront remplacer les sous-marins de la classe Collins fonctionnant au diesel et à l’électricité. Le spécialiste français du naval de défense détenu par l’Etat et Thales était en concurrence avec l’allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) et un consortium emmené par Mitsubishi Heavy Industries et soutenu par le gouvernement japonais. DCNS proposait une version à propulsion classique de son Barracuda, ThyssenKrupp défendait le Type-216, et le Japon le Soryu. »

Brainstorming : pots de vin, haute technologie, l’avenir aux ingénieurs, James Bond, militaires, survival of the fittest, les 2 perdants de la 2e guerre mondiale perdent le contrat contre le semi-gagnant, chiffres qui donnent le tournis, comment génère-t-on tant d’argent ? décidément trop compliqué, le monde, enjeux énormes, chaos organisé en constellations, qui tire les ficelles, qui s’y retrouve ? un cookie au chocolat, un mail de mon éditeur.

 

 

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