Lectures, Imre Kertész

(Budapest, 9 novembre 1929-31 mars 2016)

Imre Kertész, Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas (1990)

« …dans ma nuit sombre et profonde, je vois plus que je n’entends cette conversation mondaine, je vois autour de moi les visages mélancoliques comme autant de masques de théâtre avec leurs rôles particuliers, le pleureur et le rieur, le loup et l’agneau, le singe, l’ours, le crocodile, et ce foisonnement bruissait doucement dans une espèce de grand marais final… (…) Puis on évoqua un livre qui était alors en vogue, et dont une phrase était alors célèbre… « Auschwitz ne s’explique pas »… et je me rappelle mon étonnement en voyant comment ces gens qui, pour la plupart, n’étaient pas nés de la dernière pluie, prirent, analysèrent, discutèrent cette simple phrase, (…) comme si cette phrase affirmative qui étouffait dans l’oeuf toute autre affirmation affirmait quelque chose, bien qu’il ne fallût pas être Wittgenstein pour le remarquer: rien qu’en considérant la simple logique linguistique, elle est fausse, elle reflète tout au plus des désirs, un mensonge ou bien une moralité sincèrement enfantine et divers complexes refoulés, mais à part cela, elle n’a aucune valeur assertive. Je crois même l’avoir dit, et ensuite, je ne fis plus que parler, sans relâche, une vraie logorrhée… »

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