Journal 22-24 mars

Ma 22 mars

Évidemment, les attentats de Bruxelles. Un choc en rentrant à midi et en entendant ça à la radio.

C. à Bruxelles, heureusement rentré sain et sauf. 34 morts et des centaines de blessés. Ils sont sûrement fiers ces petits cons, les petites frappes de Daesh, nés et éduqués en Europe, recrutés parce que recrutables, parce que pas très intelligents, manipulables, loosers à la recherche de leur quart d’heure de gloire. Bien sûr qu’il y a un malaise dans la jeunesse, la société… chômage, manque de perspectives, d’idéaux etc., mais là le temps n’est pas à l’explication, il est forcément à l’action. Comment mettre un frein à ce genre d’assassinats de masse ? Parce qu’il est clair que là, la religion n’est qu’un prétexte (comme toujours d’ailleurs, c’est le pouvoir qu’on vise), l’endoctrinement est sectaire, mêmes procédés de lavage de cerveau, promesses d’honneur retrouvé, de clan retrouvé, d’appartenance au groupe. Le tout financé par l’étranger, argent saoudien, salafiste… il faut des moyens pour organiser tout ça, armes, bombes, voitures, appartements loués etc., et cet argent ne vient pas de ces pauvres types instrumentalisés, petits criminels de droit commun pour certains, qui se font sauter, ça, c’est sûr.

Pour me calmer, bizarrement, j’ai eu envie de Sergio Leone. Et ça a fait son effet. Une demi-heure de Le bon, la brute et le truand, la dernière demi-heure, avec la grandiose scène finale dans le cimetière. Sublime. Il mondo si divide in due categorie, chi ha la pistola carica, e chi scava. Le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent.

https://www.youtube.com/watch?v=Rd_4NqueL5c

Me 23 mars

La femme d’Umberto Eco a fait connaître son « testament ». « Pas de congrès sur mon œuvre les 10 prochaines années ». Le sémiologue demande à sa femme et à ses enfants de ne pas organiser de journées d’étude, de ne pas donner leur autorisation ou leur consentement en vue d’événements publics, académiques ou pas, organisés en son nom. Silence imposé jusqu’en 2026 au moins.

A chacun de spéculer sur ses raisons. En tout cas, l’interdit porte assurément la marque ironique du maître, comme l’écrit un journaliste, qui ajoute qu’il nous force ainsi à réfléchir sur la fragilité de la mémoire et la boulimie de paroles publiques.

Je, 24 mars

Les vacances commencent à commencer, parsemées de copies de terminale à corriger. Hier soir, mal de gorge et toux. La malédiction des débuts de vacances envahies par une escouade de bactéries et de virus ne va pas à nouveau s’abattre, j’espère. Ce matin, on dirait une accalmie dans la guerre virale, et le temps de parcourir tranquillement quelques articles de presse. Ce soir, Homo Faber de Frisch au château de Bettembourg, le roman adapté et mis en scène.

L’article le plus intéressant de ce matin sur les événements de ces derniers jours, lu dans le Guardian sous la plume de Simon Jenkins…

« Think like the enemy. Let’s suppose I am an Islamic State terrorist. I don’t do bombs or bullets. I leave the dirty work to the crazies in the basement. My job is what happens next. It is to turn carnage into consequences, body parts into politics. I am a consultant terrorist. I wear a suit, not explosives. A blood-stained concourse is a means to an end. The end is power.

This week I had another success. I converted a squalid psychopathological act into a warrior-evoking, population-terrifying, policy-changing event. I sent a continent into shock. Famous politicians dropped everything to shower me with cliches. Crowned heads deluged me with glorious odium.

I measure my success in column inches and television hours, in ballooning security budgets, butchered liberties, amended laws and – my ultimate goal – Muslims persecuted and recruited to our cause. I deal not in actions but in reactions. I am a manipulator of politics. I work through the idiocies of my supposed enemies.

Textbooks on terrorism define its effects in four stages: first the horror, then the publicity, then the political grandstanding, and finally the climactic shift in policy. The initial act is banal. The atrocities in Brussels happen almost daily on the streets of Baghdad, Aleppo and Damascus. Western missiles and Isis bombs kill more innocents in a week than die in Europe in a year. The difference is the media response. A dead Muslim is an unlucky mutt in the wrong place at the wrong time. A dead European is front-page news.

(…)

During the more dangerous and consistent IRA bombing campaigns of the 1970s and 1980s, Labour and Conservative governments insisted on treating terrorism as criminal, not political. They relied on the police and security services to guard against a threat that could never be eliminated, only diminished. On the whole it worked, and without undue harm to civil liberties.

Those who live under freedom know it demands a price, which is a degree of risk. We pay the state to protect us – but calmly, without constant boasting or fearmongering. We know that, in reality, life in Britain has never been safer. That it suits some people to pretend otherwise does not alter the fact.

In his admiral manual, Terrorism: How to Respond, the Belfast academic Richard English defines the threat to democracy as not the “limited danger” of death and destruction. It is the danger “of provoking ill-judged, extravagant and counterproductive state responses”.

The menace of Brussels lies not in the terror, but in the reaction to the terror. It is the reaction we should fear. »

http://www.theguardian.com/commentisfree/2016/mar/24/scariest-brussels-reactoin-paranoid-politicians-isis-atrocity-belgium?CMP=fb_gu

 

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