Journal 12-14 mars

Sa, 12 mars

Revu sur le replay d’Arte, le film Winter’s Bones, de Debra Granik, vu à sa sortie il y a 5 ans. Le film est excellent, et résiste même à un deuxième visionnage.

Ce qui m’avait complètement subjuguée aussi à l’époque, c’était la jeune protagoniste, elle devait avoir à peine 18 ans, une inconnue alors, Jennifer Lawrence. Elle y est extraordinaire, elle crève littéralement l’écran comme on dit.

Je me souviens l’avoir revue ensuite dans The Poker House, de Lori Petty, qu’elle avait tourné avant. Époustouflante, encore une fois, devant la caméra.

Les blockbusters qu’elle tourne maintenant ne m’intéressent pas, donc je ne l’ai pas revue, mais avec un tel talent dramatique, elle doit sûrement continuer sur la même lancée.

Lu cet après-midi quelques articles sur la catastrophique situation des réfugiés. Grèce, Calais, Italie etc. Et je me mets à penser que ce qui me scandalise, moi, ce ne sont pas les petits égoïsmes, les peurs individuelles, qui ne sont pas anormales, c’est surtout qu’on ne semble pas penser qu’il faille que les institutions supra-nationales prennent le relais et surtout leurs responsabilités. On ne peut laisser la situation au bon vouloir de chaque nation. Et je peux même comprendre les réticences individuelles des nations, chacun ayant peur de payer plus que le voisin, alors que les budgets ne sont pas florissants. Cela honore Angela Merkel d’avoir réagi comme elle l’a fait, mais la situation ne semble pas vraiment sous contrôle en Allemagne non plus, d’après ce qu’on lit et entend. Ce n’est à mon avis tout simplement pas un problème national. Au plus vite dégager les milliards nécessaires pour régler humainement la situation. L’ONU semble apparemment débordée, il faut donc la réformer. Il faut être capable d’obliger ses membres à agir de concert pour trouver une solution rapide et efficace, il faut que le HCR puisse faire convenablement son travail. Des camps de réfugiés dignes de ce nom, chaque nation étant obligée de verser dans la caisse selon son importance ou son PIB, et chaque nation obligée de s’engager à construire des camps ou à aménager des structures avec l’argent redistribué, selon le nombre de ses habitants. Camps ou structures aménagées avec écoles, professeurs, éducateurs, hôpitaux, psychologues, activités… ça sert à quoi sinon, la convention de Genève, si personne ne se sent concerné, et si on laisse au bon vouloir des nations le sort des réfugiés politiques ?

Il y va de la sécurité mondiale par ailleurs. La Jordanie, qui accueille plus d’un million de réfugiés, et n’est même pas signataire de la Convention de 1951 sur les réfugiés, tire la sonnette d’alarme. Jordanie, Liban, Turquie, certains parlent d’un risque d’effondrement de ces nations sous le poids de la question des réfugiés.

Et je tombe sur une mise en garde de l’ex ambassadeur des Etats-Unis en Irak et en Syrie, Ryan Crocker, qui estime que cet afflux potentiel de millions de déplacés « n’est pas un problème pour le Moyen-Orient, ni pour l’Europe, (mais) un problème pour le monde et pour l’Amérique ».

Et l’article continue : Pire: cet ancien diplomate donne écho aux inquiétudes de responsables américains qui évoquent ces dernières semaines en privé une menace « existentielle » sur l’Europe et il redoute lui aussi que « le flot de réfugiés défasse l’Union européenne en tant que construction politique ».

Ça me fait penser à ce que m’a dit dernièrement Eric P. : toute la dette de la Grèce équivaudrait selon ses calculs au prix de 11 Airbus (ou était-ce 12 ?).

di, 13 mars

En lisant un article sur l’Etat Islamique et son utilisation massive d’esclaves sexuelles, une évidence de plus en plus évidente. L’organisation détient des milliers de femmes qui sont quotidiennement violées. Or un médecin irakien qui a traité des centaines de femmes yézidies ayant réussi à fuir a constaté qu’il n’y avait que très peu de grossesses. Des femmes ont témoigné que les combattants IS leur faisaient prendre la pilule pour pouvoir continuer à les violer sans interruption. Quand une esclave était vendue à un autre combattant, celui-ci lui faisait faire un test de grossesse avant de l’acheter, lui faisant ingurgiter ensuite la pilule du lendemain par sécurité avant de la violer.

Des théologiens musulmans ont condamné ces pratiques esclavagistes comme anti-islamiques. Mais l’organisation n’en a que faire. Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agit pas de religion. Bien sûr l’islam est misogyne, comme la plupart des religions. Mais ici, ça va bien plus loin. Il s’agit tout simplement de la nostalgie d’une virilité primitive rêvée. Violence et sexe. Reprendre le contrôle.

Le patriarcat pur et dur. Le western crépusculaire à base de minaret pour un semblant de forme. Si on voulait faire de la psychanalyse de comptoir, on dirait, la peur panique du féminin et de la castration. Associée à la révolte contre un ordre mondial dont ces types sont les laissés-pour-compte.

lu, 14 mars

Je tombe sur un article parlant du changement de jardinier à Sissinghurst Castle. Ce nom qui m’aura fait rêver il y a quelques semaines, lorsque malade, je m’y projetais à contempler les plates-bandes fleuries du Kent. Ce lieu avec son célèbre jardin, j’apprends que c’est Vita Sackville-West, aujourd’hui davantage connue pour sa liaison avec Virginia Woolf et pour avoir inspiré son Orlando que pour sa propre littérature, et son mari, qui en sont à l’origine, qui l’ont acheté quasiment en ruines et l’ont aménagé, en ont dessiné et entretenu les célèbres jardins. Elle aimait par dessus tout les roses, leur texture et leur parfum.

Ciel uniformément et magnifiquement bleu, et la lumière qui illumine les arbustes. Certains on déjà déployé quelques feuilles d’un vert très clair.

Iggy Pop à Neumünster le 11 juillet, je me tâte.

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