Journal, 23-26 févr.

Un article sur le voyage en Inde de François Hollande, afin de vendre 36 Rafale. Narendra Modi, intégriste hindou, n’a aucun problème avec le néolibéralisme. L’intégrisme religieux et l’intégrisme néolibéral ne s’excluent aucunement. Les intégrismes économiques et politiques (ou politico-religieux) savent se compléter, la Chine en est un bon exemple. Ou la Russie de Poutine, cette pseudo-démocratie. L’Arabie Saoudite… C’est la véritable démocratie et l’humanisme qui sont plus ou moins incompatibles avec ces systèmes.

J’ai tenu dans mes bras un bébé de neuf jours.

J’ai regardé la pleine lune monter dans le ciel.

Je ne me souvenais pas que c’était si petit, un nouveau-né.

Evi Hartmann, professeure d’économie allemande a calculé que chacun de nous, qui s’habille, possède un Smartphone, une voiture, vit à l’occidentale, fait travailler pour lui environ 60 esclaves. On peut faire son propre calcul ici : http://slaveryfootprint.org J’ai fait le mien, approximativement, parce que je n’ai pas pris le temps d’entrer dans tous les détails, et j’arrive à 39 esclaves qui travaillent pour moi dans des conditions indignes.

J’ai commencé à lire un livre de Jean Rhys, écrivaine anglaise. Par paresse, pour lire plus vite, je l’ai acheté en français. Je suis tombée dessus par hasard, au détour d’une recherche sur le net. Je n’avais jamais entendu le nom de cette auteure. After leaving Mr Mackenzie, paru en 1930 (ou 1931), Quai des Grands-Augustins, en français.

Le personnage principal, une femme meurtrie qui part à la dérive. Une femme seule dans un petit hôtel pas cher, délaissée par un amant qui lui fait envoyer un peu d’argent pendant quelque temps, puis une dernière somme avec une lettre annonçant que ce sera son dernier envoi. Elle n’aura bientôt plus de quoi subsister. Elle boit beaucoup, elle s’appelle Julia Martin, 36 ans, est anglaise, a échoué à Paris. Elle a été modèle, a essentiellement vécu de l’argent que lui donnaient plusieurs hommes. Elle suit une dernière fois Mackenzie, qui vient de la quitter, dans un restaurant et lui fait une scène. Il regrette de s’être engagé aussi loin avec un être pareil, « combien de fois s’était-il laissé entraîner dans des aventures qu’il avait ensuite amèrement regrettées ?- bien qu’au moment de rompre, son instinct des affaires reprenant le dessus, il en sortît toujours indemne. »

De Julia Martin, il dit : «  Elle n’était pourtant pas du genre avide. Du genre tendre, plutôt. N’importe qui pouvait s’en apercevoir. Effrayée par la vie. Sans cesse obligée de prendre sur elle. Il aimait, au début. Par la suite, c’était devenu un peu ennuyeux. »

La quatrième de couverture : « S’il fallait analyser l’art d’un grand écrivain, chaque page de ce roman deviendrait exemplaire… Rien de spectaculaire, et pourtant on a l’impression d’aller au-delà du possible parce que l’essentiel est dit, qui nous atteint au plus profond. »

Après 100 pages, j’ai la sensation d’avoir affaire à un grand écrivain.

Lu dans une recension à propos de la publication du Carnet de notes 2011-2015 de Pierre Bergounioux, l’extrait suivant : «Près de nous, à patienter, des femmes voilées, deux types vêtus de sombre et portant la kippa. Cet exhibitionnisme m’irrite. Je suis saussurien. La valeur des signes est relative, oppositive. On ne me dit pas tant qu’on est musulman, juif ou tout ce qu’on voudra, qu’on me dénie cette qualité. On m’exclut, me diminue, me déprécie a priori. »

 

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