Journal 27-29 févr.

Samedi. Journée splendide. Le soleil brille, le ciel est d’un bleu hypnotique. Promenade dans les environs. Les longs arbres sans feuillage comme une armée de géants émaciés. Au bord des chemins, des branches coupées par les ouvriers forestiers forment des tas oblongs. Il fait beau et froid.

A la radio, on parle des problèmes économiques de la Russie, dus en partie à l’embargo européen, à l’immense coût des jeux de Sotchi aussi. Beaucoup de Russes ont à peine de quoi survivre, des pensions de misère font que certains retraités sont obligés de se trouver du travail pour subsister.

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Lectures, Emmanuel Bove

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Emmanuel Bove,  Mes amis  (1924)

Depuis le temps qu’on me parle de cet auteur et de ce livre, entre autres parce que sa mère était d’origine luxembourgeoise, j’ai fini par le lire. Je viens donc de terminer ce roman qu’on pourrait qualifier de journal d’un gueux. Le résumé, un homme, pauvre hère à la main gauche mutilée et bénéficiant pour cela une maigre pension de guerre, tente de se faire des amis. Un des thèmes secondaires, les mutilés de guerre rejetés dans le civil. Mais là n’est pas l’essentiel. Les caractéristiques du personnage principal, Victor Baton : touchant dans sa simplicité et sa naïveté, mais sachant aussi avoir des pensées mesquines, par jalousie surtout.

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Journal, 23-26 févr.

Un article sur le voyage en Inde de François Hollande, afin de vendre 36 Rafale. Narendra Modi, intégriste hindou, n’a aucun problème avec le néolibéralisme. L’intégrisme religieux et l’intégrisme néolibéral ne s’excluent aucunement. Les intégrismes économiques et politiques (ou politico-religieux) savent se compléter, la Chine en est un bon exemple. Ou la Russie de Poutine, cette pseudo-démocratie. L’Arabie Saoudite… C’est la véritable démocratie et l’humanisme qui sont plus ou moins incompatibles avec ces systèmes.

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Journal, 22 févr.

Avec la disparition d’Umberto Eco, c’est un pan de la meilleure culture italienne qui ne s’exprimera plus désormais. Son regard sur le monde manquera. Sa verve, ses talents d’orateur, son érudition, sa nonchalance, sa liberté de parler de ce dont il avait envie, que ce soient la culture livresque, érudite, la sémiotique, l’œuvre ouverte, ou la culture populaire, en envoyant au diable ses détracteurs coincés dans une seule discipline. Avec son intelligence hors du commun, et infatigable travailleur, il pouvait se le permettre.

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Umberto Eco, Come prepararsi serenamente alla morte (Comment se préparer sereinement à la mort)

‘Come prepararsi serenamente alla morte. Sommesse istruzioni a un eventuale discepolo’

Non sono sicuro di dire una cosa originale, ma uno dei massimi problemi dell’essere umano è come affrontare la morte. Pare che il problema sia difficile per i non credenti (come affrontare il Nulla che ci attende dopo?) ma le statistiche dicono che la questione imbarazza anche moltissimi credenti, i quali fermamente ritengono che ci sia una vita dopo la morte e tuttavia pensano che la vita sia in se stessa talmente piacevole da ritenere sgradevole abbandonarla; per cui anelano, sì, a raggiungere il coro degli angeli, ma il più tardi possibile.

Recentemente un discepolo pensoso (tale Critone) mi ha chiesto: « Maestro, come si può bene appressarsi alla morte? » Ho risposto che l’unico modo di prepararsi alla morte è convincersi che tutti gli altri siano dei coglioni.

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Umberto Eco (1932-2016)

Addio Professore,

http://www.repubblica.it/cultura/2016/02/20/news/le_lezioni_di_semiotica_in_cui_si_interpretava_tutto_anche_come_morire-133821076/?ref=fbpr

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Lettre à son petit-fils

Umberto Eco, L’Espresso, 04.01.2014

Caro nipotino mio,

Non vorrei che questa lettera natalizia suonasse troppo deamicisiana, ed esibisse consigli circa l’amore per i nostri simili, per la patria, per il mondo, e cose del genere. Non vi daresti ascolto e, al momento di metterla in pratica (tu adulto e io trapassato) il sistema di valori sarà così cambiato che probabilmente le mie raccomandazioni risulterebbero datate.Quindi vorrei soffermarmi su una sola raccomandazione, che sarai in grado di mettere in pratica anche ora, mentre navighi sul tuo iPad, né commetterò l’errore di sconsigliartelo, non tanto perché sembrerei un nonno barbogio ma perché lo faccio anch’io.

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Journal, 17 févr.

Lu dans la presse italienne : un professeur de philosophie de 43 ans, Stefano Rho, licencié dans un lycée à Bergamo, pour avoir oublié de noter sur une attestation de bonne conduite qu’il avait été condamné 11 ans auparavant à payer 200 euros d’amende pour avoir pissé dans un buisson (parce qu’il n’y avait pas de toilettes dans les environs). Il ne savait pas qu’il s’agissait d’une condamnation pénale, ne s’en souvenait même plus et avait donc noté que son casier était vierge. Au pays d’Ubu roi, où des criminels de haut vol occupent des postes importants et ne sont guère inquiétés, où un nombre non négligeable de parlementaires font l’objet d’enquêtes judiciaires en tout genre, et ne pensent aucunement à démissionner, quelqu’un est licencié pour avoir « menti » à l’Etat italien.

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